Deux obstacles à une bonne communication interculturelle

En avril, j’aborderai des aspects de la communication interculturelle. Cette dernière représente un réel défi quotidien dans nos communications avec les autres. En effet, il est fréquent de se rendre compte de la difficulté à bien percevoir autrui, à le comprendre et à communiquer efficacement. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à notre perception de l’autre, au processus d’interprétation et de jugement en communication interculturelle.

Notre perception de l’environnement, des personnes, se construit sur ce que nous voyons, ce que nous connaissons et de ce que nous interprétons.  Les sites d’illusions optiques témoignent des différentes perceptions pour une même image. Par exemple, regardons un stéréogramme, cette image en 3 D où une forme cachée apparait dans le décor. On peut aussi s’apercevoir que des illusions d’optique (géométriques, artistiques, trompe-l’oeil, camouflages…etc)  font que plusieurs images différentes peuvent être vues à partir d’un seul dessin ou image. Par exemple : le lapin et le canard, l’esquimau et l’indien etc… Notre oeil et notre cerveau voit une image au premier abord et ensuite en se détendant on en voit une autre.

Il en va de même en perception interculturelle. Nous donnons du sens à ce que nous voyons ou entendons. Si nous reconnaissons un accent, nous allons peut-être identifier la personne comme ce que nous connaissons des personnes qui ont le même accent. Puis nous allons l’interprêter à partir de ce que nous croyons, ou connaissons culturellement ou de ce que nous avons comme expériences, ce qui peut entraîner des suppositions erronées. 

Notre mécanisme de perception cérébrale fonctionne comme un grand classeur ou l’on trie les éléments que nous retenons, par exemple ce qui est agréable et ce qui ne l’est pas. Nous regroupons les informations dans nos structures de pensées et faisons des catégorisations qui nous amènent à des stérotypes pour mieux comprendre ce qui ne nous est pas familier. Cela permet de réduire notre flux d’information.  Lorsque nous découvrons de nouvelles informations, nous cherchons à les appréhender  en établissant naturellement une attribution de valeurs. Par exemple : est-ce bon ou mauvais? et nous déclenchons nos préjugés.

Revenons à l’illusion d’optique: si nous ne percevons qu’une image, notre interprétation et notre jugement seront partiels voir erronés ! Quand on considère, qu’on se fait une première idée de l’autre en 10 secondes… on entrevoit toute la difficulté de la communication interculturelle.

En effet, notre perception, notre jugement risquent de nous conduire à des catégorisation, de stéréotypes et des préjugés non fondés.

Ensuite, nous pourrons soit distinguer les différences et mettre l’accent dessus (effet de contraste), soit voir la personne à travers nos filtres de stéréotypes (effet de stéréotypie), soit accentuer les ressemblance entre les personnes (effet d’assimilation).

Quelques conseils pour éviter de tomber dans le piège des stéréotypes, des préjugés et de l’assimilation:

  • Prendre conscience du risque possible de se fermer dans ses propres certitudes
  • Reconnaître nos tendances à exclure certaines personnes, à avoir de la difficultés avec d’autres
  • S’ouvrir à recevoir la perception des autres et la nôtre. Retenir nos émotions, se donner du temps.
  • Chercher à vérifier notre première perception avec ouverture
  • Créer un premier contact chaleureux, accueillant
  • Dépersonnaliser des situations à problèmes en s’orientant sur la tâche plutôt que sur les différences culturelles perçues.
  • Étayer nos interprétations sur des faits et ne pas généraliser.
  • Ne pas comprendre l’autre uniquement à partir de notre cadre de référence.

Perception—>Interprétation—>Jugement—>Stéréotypes, Catégorisation
                                                                             = Obstacles à la bonne communication
                                                                               interculturelle.

Votre participation svp:
Si vous souhaitez enrichir ce texte d’exemples ou suggérer des solutions, sentez-vous libres de participer à ce blog.

Pour mieux travailler ensemble
Votre partenaire clé en management de la diversité

Martine Chanier
Conseillère en management, Coach et formatrice